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Attaque de la dédicace d’Éric Zemmour à Brest en juin 2023 par des antifas : où en sommes-nous ?
Le 17 juin 2023, Éric Zemmour, président du parti Reconquête! (R!) et candidat à l’élection présidentielle de 2022, faisait étape à Brest dans le cadre de sa tournée de promotion pour son ouvrage Je n’ai pas dit mon dernier mot. Alors que dans d’autres villes, des contre-manifestations avaient déjà été le théâtre de débordements, comme au Mans et même au fin fond de la Vendée à La Caillère-Saint-Hilaire, à Brest la situation a dégénéré pour atteindre un degré de violence inédit. Avant même la première signature, des antifas ont attaqué les personnes qui venaient faire dédicacer leur ouvrage. Plus d’un an et demi plus tard, quelles ont été les conséquences de ces violences qui avaient alors fait grand bruit ?
UNE VIOLENCE MINUTIEUSEMENT PRÉPARÉE
Le 17 juin 2023, les équipes de Reconquête! posent leurs valises dans le confortable hôtel Oceania, un quatre-étoiles situé au cœur de Brest. Cet hôtel plutôt luxueux et bien situé est l’endroit idoine pour que l’ancien éditorialiste, arrivé quatrième à la dernière élection présidentielle, puisse réaliser la plus belle dédicace possible aux nombreux sympathisants qui l’attendent. L’évènement est rendu public plusieurs jours avant, afin de permettre aux militants de s’organiser et de se rendre disponibles. Néanmoins, cela permet aux groupuscules d’extrême gauche de s’organiser également, de préparer une riposte unitaire, notamment en commençant par mettre la pression sur les différents protagonistes.
Le 13 juin, à l’issue d’une assemblée générale antifasciste organisée dans les locaux de l’Université de Brest, le comité Vigilance & Initiatives Syndicales Antifascistes 29 (Visa 29), qui réunit les principales organisations d’extrême gauche brestoises - de la CGT aux insoumis, en passant par l’Union Pirate et l’association LGBT locale, annonce une grande manifestation contre « le racisme et la xénophobie », et surtout contre Éric Zemmour. Le message est clair voire prémonitoire : « Éric Zemmour n’est pas le bienvenu ». Ainsi, le rendez-vous est fixé à 15h devant l’hôtel Oceania, heure à laquelle doit débuter la dédicace.

Avant même le 17 juin, l’extrême gauche, qui a déjà mis un premier coup de pression en annonçant une grande mobilisation, décide de répliquer, cette fois-ci en mettant la pression sur le lieu qui accueille la dédicace : l’hôtel Oceania. Loin d’être un repère d’extrême droite, cet hôtel, qui n’a pas répondu à nos sollicitations, n’est qu’une entreprise qui cherche à accroître continuellement son chiffre d’affaires et qui, en recevant Éric Zemmour, y trouvait son compte financièrement. L’extrême gauche brestoise n’en est pas à sa première mobilisation contre l’hôtel Oceania qui, dans le cadre de l’élection présidentielle 2022, avait reçu Marine Le Pen pour une conférence de presse. Les antifas avaient alors été également extrêmement véhéments, n’hésitant pas à aller au contact de la police.
Le 15 juin 2023, l’extrême gauche se mobilise devant l’hôtel avec la banderole suivante : « L’Oceania accueille la peste brune ». Dans le même temps, de nombreux militants d’extrême gauche harcèlent l’hôtel par des appels téléphoniques menaçants.
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Dans la nuit du 15 au 16 juin, la stratégie de la terreur s’installe. Après l’appel à la mobilisation et un premier rassemblement physique, l’extrême gauche décide d’attaquer physiquement l’hôtel. Vers 2h, deux hommes, munis de panneaux de chantier, attaquent l’hôtel et brisent deux vitres d’un mètre cinquante. Un individu alcoolisé a été interpellé rapidement après l’acte (un commissariat est situé à quelques mètres...), tandis que son acolyte a pu prendre la fuite. Placé en garde à vue, l’homme, alors âgé de vingt-deux ans, n’hésite pas à reconnaître ses actes tout en les revendiquant avec fierté, car il s’agissait de lutter contre Éric Zemmour.
QUAND L’EXTRÊME GAUCHE S’EN PREND AUX FEMMES ET AUX PERSONNES ÂGÉES
Le 17 juin, sous un soleil radieux, environ trois cents personnes répondent à l’appel des trente organisations d’extrême gauche réunies sous la bannière de Visa 29. Sans perdre de temps, à 15h, une bande d’antifas agrégée au cortège oriente celui-ci vers l’hôtel et s’y rend avec détermination.
Beaucoup sont cagoulés, la plupart a le visage dissimulé, certains ont des parapluies afin de cacher les exactions à venir. Sous les regards des forces de l’ordre, qui restent de marbre, l’agression commence alors. Ils sont en surnombre, ils sont des hommes contre des femmes, des enfants, des personnes âgées, ils ne font face à aucun groupe constitué, mais ils persistent. Ils agressent les lecteurs qui, pour la majorité, n’ont pas encore pu accéder à l’hôtel. Un drapeau de la CGT trône en première ligne. Pendant ce temps, le reste de la manifestation d’extrême gauche ne bronche pas et regarde le spectacle comme avec délectation. Qui ne dit mot consent ?
Thibault, un jeune étudiant sympathisant, se trouve malencontreusement au niveau de l’entrée de l’hôtel et constitue une cible privilégiée pour les antifas. Il reçoit un coup de poing, se défend, projette son agresseur au sol, puis se fait littéralement lyncher par une dizaine d’antifas cagoulés. L’un d’eux lui assène un coup de parapluie et lui ouvre le cuir chevelu. Il sera finalement évacué à l’intérieur de l’hôtel puis pris en charge par les pompiers un peu plus tard.
Le sang du jeune lecteur jonche la table de l’entrée, des vieilles dames sont bousculées au sol, une dame est blessée au bras. Une bombe au poivre est jetée à l’intérieur de l’hôtel, par l’entremise d’une vitre brisée. Les gens suffoquent, toussent et hurlent dans un vacarme anarchique. Il ne s’agit même pas d’une réunion politique visant à véhiculer un discours, mais bien d’une simple séance de dédicace.
Après quelques minutes de chaos, de violences et de dégradations (vitres brisées, façade taguée), la police intervient enfin et les antifas prennent aussitôt leurs jambes à leur cou. Dans la cohue, deux d’entre eux sont arrêtés pour des faits de dégradation. Un antifa a même été blessé par du verre alors qu’il mettait un coup de pied dans une vitre afin de la briser.
Un peu plus tard, des affrontements auront lieu entre antifas et forces de l’ordre, lesquelles feront usage de gaz lacrymogène. Un antifa ayant jeté une barrière sur les gendarmes mobiles sera interpellé.
Pendant plusieurs minutes, les sympathisants de Reconquête! restent apeurés, tandis qu’un enfant de trois ans tremble longuement dans les bras de sa mère. La police n’est intervenue qu’après l’attaque, quand les dégâts étaient faits. La CGT n’a pas condamné les violences auxquelles elle est pourtant mêlée ; elle n’a pas été inquiétée alors qu’elle est impliquée. Plus encore, elle s’est posée en victime, dénonçant des « menaces » et des « insultes ».
UNE DÉFAILLANCE DES AUTORITÉS... VOLONTAIRE ?
Tous les militants de Reconquête! interrogés le concèdent : les forces de l’ordre ne sont pas intervenues et ont obéi aux ordres. Cette défaillance est à chercher au sommet de la hiérarchie, à savoir auprès du préfet du Finistère à l’époque, M. Philippe Mahé, qui, par la grâce du calendrier, a été muté quelques semaines plus tard à... Toulon, c’est-à-dire à plus de 1 000 km de Quimper. Il est à ce jour encore impossible d’expliquer pourquoi les forces de l’ordre ne sont pas intervenues, pourquoi elles n’ont pas reçu l’ordre d’intervenir alors que les antifas agressaient des personnes et dégradaient la façade de l’hôtel. Le préfet a-t-il agi en phase avec ses convictions politiques profondes ? Voulait-il faire capoter la dédicace ? Est-ce une erreur professionnelle ? Cherchait-il à décourager les militants de droite à s’engager en les laissant se faire agresser ? Voulait-il piéger l’extrême gauche en laissant commettre ses violences ? Non, car sinon une enquête approfondie aurait été menée et plusieurs condamnations, visant à mettre hors d’état de nuire les antifas, auraient été prononcées. Or, après l’attaque, uniquement trois antifas ont été immédiatement interpellés. Par la suite, l’enquête ne découlera pas sur un grand nombre d’arrestations. Pourtant, la gravité des faits et leur médiatisation, aussi biaisée soit-elle, aurait dû encourager la justice à enquêter en profondeur sur cette agression. La préfecture, en guise de défense, avait déclaré dans un communiqué que jamais Éric Zemmour ne s’était trouvé menacé physiquement, de même que les gendarmes seraient intervenus dès le début des échauffourées, ce que les images contredisent évidemment.
De nombreux sympathisants de Reconquête!, dont des femmes et des personnes âgées, ont été littéralement traumatisés par cette agression. Faut-il en déduire qu’aux yeux de la préfecture, ils n’importent pas ?
Voici le témoignage d’une sympathisante, daté du 19 juin 2023 :
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Les membres de R! n’ont pas systématiquement porté plainte ; en réalité, presque personne ne l’a fait : certains ont confié à L’Observatoire qu’ils craignaient la pression et la violence des antifas s’ils osaient aller en justice. Un autre a soufflé, non sans ironie, qu’il avait subi un contrôle fiscal après avoir critiqué un peu trop vivement l’inaction du préfet...
Cette agression et son traitement, tant médiatique que judiciaire, est une énième preuve d’une certaine accointance entre les médias, la justice et l’extrême gauche.
UNE CLÉMENCE MÉDIATIQUE INOUÏE
Le traitement médiatique qui a suivi l’attaque a été minimaliste voire complaisant, laissant supposer que les attaques étaient à la fois le fait des agresseurs et des sympathisants de l’écrivain. En voici un florilège : « dédicace mouvementée », « heurts en marge », « Dédicace d’Éric Zemmour perturbée à Brest par des heurts avec des manifestants », « La dédicace d’Éric Zemmour ponctuée de violences », « La venue d’Éric Zemmour à l’hôtel Oceania avait viré à la foire d’empoigne »... C’est France Bleu Breizh Izel qui parvient à publier le plus gros mensonge : « Après des invectives de part et d’autre, antifas et partisans d’Éric Zemmour en sont venus aux mains. »
À la télévision, sur BFM TV, le journaliste Bruce Toussaint a tenté de justifier les violences, en postulant que, quand même, la faute revenait avant tout à Éric Zemmour. « Qui sème le vent récolte la tempête », a-t-il déclaré.
DE TRÈS MAIGRES CONSÉQUENCES JUDICIAIRES
Au total, durant la manifestation, c’est-à-dire essentiellement après l’attaque contre l’hôtel et les sympathisants d’Éric Zemmour, trois militants d’extrême gauche ont été interpellés : deux pour avoir commis des dégradations, un autre pour des violences sur les forces de l’ordre. Ils avaient été déférés au parquet le 19 juin en vue d’une comparution immédiate, mais le juge des libertés a finalement décidé, par charité ou par accointances idéologiques, de ne les convoquer devant le tribunal judiciaire que le 20 octobre 2023, afin qu’ils puissent bien préparer leur défense. Néanmoins, tous n’ont pas été jugés à cette date. Le premier individu jugé, et apparemment le seul qui l’a été le 20 octobre 2023, est celui qui a lancé une barrière sur les gendarmes. Filmé et interpellé, il a d’abord été placé en cellule de dégrisement étant donné qu’il était alcoolisé. Absent lors de son procès, le trentenaire, déjà condamné à QUATORZE reprises, a tenté d’expliquer durant sa garde à vue qu’il s’était rendu par hasard dans la manifestation, sans même être au courant de son objet. Pour ses violences, il est finalement condamné à huit mois de prison ferme et à... Deux cents euros de dommages et intérêts à verser au gendarme. Il n’est donc pas allé en prison.
Le deuxième antifa jugé parmi les trois interpellés le 17 juin l’a été le 10 novembre 2023 et non le 20 octobre, comme le suggérait la presse initialement. Cet homme de vingt-neuf ans alors constitue l’archétype du militant d’extrême gauche marginal : déjà condamné deux fois, il a été interpellé alors qu’il dégradait l’hôtel Oceania et s’est blessé à l’occasion. Alcoolisé comme nombre de ses camarades, il cumule les outrages aussitôt qu’il est arrêté :
« Police de merde… Tire-toi une balle, ça fera un de moins ! »
Il persiste en criant « Je vous chie dessus ! », avant de montrer ses fesses aux policiers. Durant sa garde à vue, il balance son plateau-repas contre la vitre de sa cellule et tente de s’étrangler avec sa couverture de survie. En vain. Lors de son procès, le 10 novembre 2023 donc, l’antifa interrompt le juge puis se met à l’insulter : « C’est dur d’entendre tant de bêtises ! », « Arrêtez de dire des conneries ! », etc. Le juge décide alors de l’exclure de l’audience. Le militant d’extrême gauche quitte la salle, mais avant de le faire, se met à crier « Trou du c… ! » en direction du juge. Alors que le procureur avait exigé six mois de prison ferme, il n’a finalement été condamné qu’à six mois de prison avec sursis. Il devait toutefois être jugé pour ses outrages envers le juge.
En septembre 2023, après les vacances d’été, deux autres antifas sont interpellés par les forces de l’ordre. Le premier avait sûrement été identifié de longue date : âgé de vingt-huit ans, domicilié en périphérie de Brest, il avait participé au saccage de l’hôtel, mais s’était blessé en tentant de briser une vitre. Ainsi, il avait dû se rendre à l’hôpital dans la foulée, ce qui a permis son identification. Néanmoins, en garde à vue, il avait gardé le silence et refusé le prélèvement de ses empreintes ou de son ADN. Il est difficile d’exposer ici son sort, s’il a été jugé ou non. Il devait l’être le 16 mai 2024, mais la presse n’a pas daigné en parler s’il a effectivement été jugé à cette date, comme cela était prévu.
Le deuxième antifa interpellé vient de Morlaix. Âgé de quarante-neuf ans, il a reconnu devant l’officier de police judiciaire avoir jeté un fumigène sur l’hôtel ! Une vidéo accablante le prouvait. Néanmoins, en dépit des preuves et des aveux, l’antifa n’a PAS été condamné ! En effet, il a bénéficié... d’un vice de procédure. Jugé le 22 novembre 2024, le militant d’extrême gauche est connu « très défavorablement » des services de police. Reconnu grâce aux vidéos publiées sur les réseaux sociaux, il s’agit très vraisemblablement de l’individu ci-dessous. Dans la vidéo ci-dessous, il est possible de le voir ramasser le fumigène et le jeter dans l’hôtel, à partir de la quinzième seconde. Lui aussi affirmait s’être retrouvé à agresser les lecteurs de Zemmour par hasard. Ce n’est pas sa défense bancale qui l’a sauvé, mais la mauvaise qualification juridique des faits... Sans avocat, il est relaxé et ne doit même pas dédommager l’hôtel, malgré les preuves de sa culpabilité.
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À noter que la vidéo est coupée par France Bleu au moment où Thibaut se fait lyncher.
Le 1er juillet 2024, l’homme qui a été interpellé la veille de la dédicace après avoir brisé une vitre de l’hôtel est jugé seul, sans son binôme qu’il a refusé de dénoncer. Âgé de 23 ans, celui qui déclare « Je suis fier de l’avoir fait ! » et qui avait été interpellé avec deux pierres sur lui a été condamné à... 3 000 euros d’amende, dont 2 000 euros avec sursis. Il n’écope pas de prison avec sursis mais d’une simple amende de 1 000 euros, à laquelle doit s’ajouter la réparation civile des dégâts (l’audience s’est tenue le 10 décembre 2024).
Le même jour, le deuxième interpellé en septembre 2023 (ou le troisième antifa interpellé le 17 juin, il est difficile de savoir qui est réellement jugé mais son profil correspond plutôt à l’homme interpellé en septembre 2023 pour des faits de dégradation, il était alors âgé de vingt-huit ans) lors de l’attaque de l’hôtel, était également jugé. Soutenu par un comité antifa, l’individu de vingt-neuf ans voit le parquet requérir... sa relaxe ! En effet, les preuves matérielles manquent. Il est donc relaxé par le tribunal.
CONCLUSION : AUCUNE CONDAMNATION POUR LES VIOLENCES CONTRE LES SYMPATHISANTS DE R!
Malheureusement, malgré nos recherches, nous ne disposons pas d’informations supplémentaires concernant le profil des antifas interpellés et jugés. À leur sujet, la presse locale s’est révélée très silencieuse. Si vous disposez d’informations, n’hésitez pas à enrichir l’enquête en contactant observatoireviolences@proton.me.
À ce stade, il y a donc six militants d’extrême gauche qui ont été appréhendés par les forces de l’ordre, mais seulement cinq ont visiblement été jugés. Si le sixième l’a été, la presse n’en parle pas.
En dépit des dégâts matériels et des blessés, il n’y a qu’une seule condamnation à de la prison ferme, pour un individu multirécidiviste. Il n’y a qu’une seule condamnation à de la prison avec sursis, mais pour outrage à agent et non pour les dégradations. Il n’y a qu’une seule peine d’amende et deux relaxes, dont l’une grâce à une erreur judiciaire. Finalement, il n’y a eu AUCUNE condamnation pour les violences à l’encontre des sympathisants de Reconquête!, comme si elles n’avaient pas existé ou comme si elles n’importaient pas. L’enquête a indéniablement été bâclée.
Assurément, cette absence de répression ne dissuadera pas l’extrême gauche de recommencer et l’encourage même à récidiver, motivée par un sentiment d’impunité quasi-réel. Par ailleurs, les profils de ces antifas démontrent qu’ils ne sont pas des débutants et qu’ils recommenceront.
Au-delà de l’absence d’une réponse judiciaire, il n’y a eu aucune conséquence médiatique pour ces antifas : pas de noms dévoilés, pas de mise en cause publique, pas de conséquence réelle. Même les familles des antifas ne sont sûrement pas au courant de leurs méfaits.